Coup de coeur pour "Un été à quatre mains" de Gaëlle Josse aux Editions Ateliers Henry Dougier.

 Le roman se situe en mai 1824, Franz Schubert a 27 ans, et se remet d’une maladie vénérienne.

Le compositeur déjà connu mais désargenté, est invité par le comte Esterhazy, à passer l'été dans sa somptueuse résidence d'été en Hongrie. Franz veut profiter du calme de la campagne pour composer l'opéra et la symphonie qu'il a en projet.  Mais, il est surtout là en tant que maître de musique pour les deux filles du comte. Lors de ces leçons, Franz reconnaît en Caroline, la plus jeune des deux comtesses, une âme sœur mais aussi un amour impossible. Pendant ces quelques mois, il va composer de nombreuses pièces à quatre mains, qu’il jouera avec son élève.

Comme l’écrit si bien Gaëlle Josse :

« Ils jouent et pour Franz, le temps s’arrête. Les croisements de mains multipliés sont propices aux frôlements. Il ne peut renoncer à s’enivrer de ce tendre trouble lorsqu’il effleure le bras ou la main de sa partenaire. Caroline joue, concentrée, heureuse, les joues rosies par la chaleur, l’attention, l’émotion. »

 

Un été à quatre mains, c’est donc l’histoire de la passion de Franz Schubert pour sa jeune élève, Caroline. Mais, leur amour se brise rapidement face aux conventions et aux interdits de la société. Franz Schubert en restera marqué, jusqu’à la fin de sa vie quatre ans plus tard.

Une lecture, empli de musique, de silence, de délicatesse, de tendresse, un beau moment d’évasion.
Véronique

 

Coup de cœur pour "Travelling. Un tour du monde sans avion" de Christian Garcin et Tanguy Viel aux Editions Jean-Claude Lattès.

Ce livre n'est ni un guide de voyage, ni un récit d'aventurier. Ce voyage en 100 jours s'effectue en cargo, en train, en voiture ou en bus. Le sous-titre du livre pourrait faire penser à une démarche écologique mais le choix des deux auteurs est guidé par la volonté de s'approprier l'espace et de maîtriser le temps.

"Le temps mis à parcourir les distances est pleinement mesuré, la géographie objective reprends ses droits [...], le fait de ne jamais quitter le sol loin d'élargir l'espace rapproche paradoxalement les lieux."

Voyager en cargo d'un océan à l'autre a beaucoup de similitude avec ce que nous vivons actuellement en confinement et découvrir l'Amérique ne se résume pas à New York, ni Los Angeles, villes verticales ; pour les auteurs, il faut traverser les grands espaces. L'âme des Indiens y est toujours présente, dans chaque colline, dans chaque plaine, dans chaque ville.

" ces indiens qui ont su comme personne lier langage et paysage"

Voilà comment au fil de leur voyage, ils vont nous faire comprendre les pays traversés.

Après l'Amérique, vient le Japon, la Chine, la Russie et pour finir une traversée de l'Europe qui se termine à Auschwitz-Birkenau.

" Notre histoire [...]nous demande seulement de garder une réserve d'ombre et de ne jamais préjuger du caractère acquis de la lumière."

Voilà une phrase qui prend tout son sens aujourd'hui.

Un livre passionnant, truffé de références littéraires et cinématographiques (comme le titre : Travelling), un livre éclairant et réjouissant.

Ce livre lu avant la pandémie et le confinement m'est apparu encore plus essentiel aujourd'hui.

Evelyne

Coup de cœur pour Le bruissement des feuilles de Karen Viggers aux Editions Les Escales.

Je ne peux vous parler de suite de mon coup de cœur sans vous donner les raisons qui me poussent à choisir mes romans !

Parce que je sais que je n'aurai jamais assez de temps pour visiter toutes les parties du monde qui me fascinent, je choisis des documents qui m'emmènent, qui me font m'évader sur des terres qui me sont inconnues et qui me font découvrir tant de choses sur l'histoire de l'humanité.

Parce que je ne comprends pas que l'on ne veuille pas aller voir, découvrir et connaître ce qui se trouve, se passe ou ce qui s'est passé autour de notre globe, sur notre terre.

Je vous emmène sur un petit continent éloigné de nous, l'Océanie ... et c'est en Australie (chère à mon cœur pour y avoir fait un road trip de deux mois avec mes filles et y avoir découvert les animaux les plus extraordinaires selon moi, avec une flore et des paysages à couper le souffle, des rencontres inoubliables avec des membres du peuple aborigène), sur l'île de Tasmanie que se passe notre histoire.

Pour qui est ce livre ?

Je dirais qu'il est pour les amoureux des beautés naturelles et pour tous les défenseurs de la faune et de la flore mais pas que. Il est également pour les défenseurs de la liberté en général.

Résumé : Miki, dix-sept ans, vit coupée du monde depuis l'incendie qui a coûté la vie à ses parents. Sous le joug de son frère Kurt, un chrétien fondamentaliste, elle travaille comme serveuse dans leur restaurant et , lors d'une escapade secrète en forêt, elle fait la rencontre de Leon, un garde forestier tout juste installé en Tasmanie. Les deux jeunes gens se donnent alors une mission extraordinaire : sauver les diables de Tasmanie de l'extinction.
Au cœur de paysages grandioses, un combat inoubliable de deux amis pour protéger la nature, mais aussi ; se sauver de son frère pour Miki,et se faire accepter des habitants ruraux pour Léon, un combat pour le respect ...

Je retiens deux citations :

"ça nous force à nous arrêter, à écouter la forêt "

(Je pense là, à la sylvothérapie que je vous encourage à découvrir)

"je n'essaie pas de vous dire ce que vous devez faire ; vous êtes assez grands pour prendre vos décisions tout seuls. Je vous encourage seulement à y réfléchir consciencieusement"

(l'auteur nous emmène souvent à la réflexion sur soi )

Je vous invite donc à partager avec moi cette lecture, il s'agit d'un livre fascinant !

Nadine - Montoire-sur-le-Loir

Coup de cœur pour « La Mer à l'envers » de Marie Darrieussecq aux Editions P.O.L.
 


"C'est sa mère qui l'a convaincue de faire cette croisière. Une façon de prendre de la distance. De réfléchir à son mariage, à son métier, au déménagement à venir. Partir seule avec les gosses. Changer d'air. Changer d'eau. La Méditerranée. Pour une fille de l'Atlantique. C'est plat. Une mer petite. Les côtes sont rapprochées. On a l'impression que l'Afrique pousse de tout son crâne contre l'Europe, d'ailleurs c'est peut être vrai."

La Mer à l'envers, c'est l'histoire de Rose, psychologue parisienne qui mène sa vie de front, sur le point de déménager dans le sud de la France.
Au bord du burn-out, sa mère lui offre une croisière avec ses deux enfants sur la mer Méditerranée.
Une nuit, à bord du paquebot, sa vie va être chamboulée lorsque le capitaine décide d'embarquer un canot de migrants. Témoin de la scène, elle y rencontre Younès, un jeune homme qui lui rappelle étrangement son fils. Elle éprouve le besoin de l'aider et lui donne des vêtements secs ainsi que le téléphone de Gabriel.
De retour dans sa vie, elle rejoint son mari et emménage dans le Pays Basque. Véritable génie dans son domaine, elle tente de se faire un nom professionnellement tout en continuant de faire tourner la maison, s'occuper de ses enfants et de son mari alcoolique. Elle a très peu de temps pour elle.
Younès tente de l'appeler, elle résiste et ne répond pas jusqu'au jour où elle décroche par inadvertance et prend l'appel du jeune homme. Blessé, il lui demande de venir le chercher à Calais. Elle s'organise donc rapidement pour se rendre là-bas et le rapatrier chez elle. Elle s'occupe de lui, le remet sur pied pour qu'il puisse tenter son rêve : rejoindre Londres. Y arrivera t-il ? Quel impact cette rencontre aura sur Rose et sa famille ? Finalement qui de Rose ou de Younès portera secours à l'autre ?
Ce fut une lecture bouleversante de vérité et de questionnement sur l’existence que je vous recommande vivement.
Des personnages attachants, une écriture fluide qui vous tiendront en haleine jusqu'à la fin du roman!
Bonne lecture.

Emilie - Savigny-sur-Braye

Coup de coeur pour "L'Héritage Davenall" de Robert Goddard aux Editions Sonatine.

Il s'agit d'un roman d'intrigues et d'aventures avec de nombreux rebondissements.

L'histoire se déroule dans l'Angleterre du 19ème dans le même style que la série Downtown Abbey, pour les fans.

L'histoire commence quand un certain Norton se présente au domaine Cleave Court en prétendant être James Davenall, l'héritier du domaine. Problème, James Davenall s'est suicidé il y a 11 ans déjà.

Et c'est donc à partir de là que l'on va suivre l'enquête de tous les personnages du livre en alternance pour savoir si oui ou non Norton est James et si il est bel et bien l'héritier du domaine. Tout le déroulement de l'intrigue va faire remonter à la surface des choses bien moches dans la famille Davenall. Pêle mêle, on a la comtesse acariâtre, des tromperies, le mari qui devient fou, la fiancée trompée, des meurtres, les avocats véreux, des secrets de famille, des grands personnages,des bons anniversaires, bref de quoi en raconter pendant 700 pages.

J'ai aimé ce livre parce que dès les premières pages on se prend au jeu de l'enquête et on veut savoir si Norton est vraiment qui il dit. J'ai aussi particulièrement aimé un personnage, Trenchard dans le rôle du mari qui perd la boule. Ca amène un petit côté comique à l'histoire

C'est haletant, ça fonctionne à la manière des « pages turner » donc à chaque fin de chapitre vous avez envie de lire le suivant et à peine commencé, le livre est déjà fini. C'est facile à lire mis à part les nombreux personnages et intrigues à suivre mais c'est ce qui fait le sel des romans de Robert Goddard. C'est un auteur que je vous invite à découvrir.

Marie-Aline

Coup de coeur pour La laitière de Bangalore de Shoba Narayan aux éditions Mercure de France.

Il s'agit d'un roman autobiographique écrit par une auteure, journaliste et chroniqueuse indienne.

Quelle serait votre réaction, si vous vous trouviez face à une vache dans un ascenseur ?

C’est ce qui est arrivé à la narratrice et qui est le point de départ de son roman.

Shoba Narayan a vécu 20 ans aux États-Unis, elle s’est mariée, a eu deux filles et elle décide de rentrer en Inde, pour retrouver ses parents et renouer avec les traditions. La famille s’installe alors dans une ville du sud de l’Inde, Bangalore.

Lors du déménagement, Shoba fait une rencontre improbable. Au moment de prendre l’ascenseur, il y a déjà une vache et une femme à l’intérieur. La femme se présente comme étant Sarala, la propriétaire de la vache et elle lui explique qu’elle monte au 3ème étage pour une pendaison de crémaillère. C’est justement ce que Shoba est venue rechercher en Inde. Les traditions. Elle réfléchit et elle demande à la propriétaire si elle ne voudrait pas monter jusqu’au 5ème étage, pour bénir également son appartement. Ça va être le début d’une belle amitié entre Shoba et Sarala.

Sarala, c’est aussi la laitière qui vend du lait matin et soir en bas de l’immeuble et à tous les habitants du quartier. Shoba est d’abord réticente à boire du lait cru. En effet, depuis 20 ans, elle boit du lait pasteurisé en bouteille. Pour elle le lait cru c’est synonyme de microbes, bactéries et donc de maladies. Grâce à Sarala et à sa famille, petit à petit, elle va renouer avec les traditions culinaires de l’Inde.

J’ai apprécié le style de ce roman, qui est à la fois un récit de vie, touchant, humoristique, mais également un roman documenté, qui nous apprend beaucoup de choses sur les vaches, sur leur place dans la société indienne. On est plongé dans la culture, dans les traditions, dans la religion, les mythes ancestraux, dans une ville qui est très moderne, puisqu’elle est appelée la « Silicon Valley de l’Inde ».

Si vous voulez du dépaysement, de l’exotisme, de l’humour, vous pouvez lire le livre de Shoba Narayan, La laitière de Bangalore.

Véronique