Printemps_des_poètes_2017_:_poésie_africaine

 

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Printemps des  poètes 2017 – Afrique  Atelier d’écriture  poétique  du samedi 4 mars. Avec Josette Bel

 
 
(poème écrit à partir d’extraits de poèmes de poètes africains)

 

 

Parler une langue que j’ignore,

   j’aurais aimé aller ailleurs

triompher de moi-même, être la chance des autres,

    j’aurais aimé aller ailleurs,

livrer le secret du soleil,

    j’aurais aimé aller ailleurs

 

les cigales trompettent mes défaites

la douceur de tes mains bande mes yeux

je regarde le monde par un trou de serrure

je regarde passer les ans

 

Les ondes marines m’apportent des restes

   de goélettes démâtées  embarquées pour le néant

les rafales  de vent  me soufflent des  histoires

de  vieille Europe  fatiguée

     qui ferme ses frontières

 

La lune est  la promesse d’or

  suspendue

    dans le bleu du ciel

et tous les bleus du ciel

 entre  les nuages

sont les trouées par où fuient les ritournelles

toutes les ritournelles

 

 des ailleurs salutaires

F.L.

 

 

 

 

A  partir  d’une photo  noir et blanc, le gros plan sur  les mains d’un musicien  jouant d’une tumba mauritanienne, j’ai écrit ceci :

 

Tumba

 Les doigts tambourinent

 Tumba

Les griots chantent

 Tumba

Le sang chauffe dans les veines

 

Tumba

Les épaules sautent

 Tumba  tumba

Les épaules sautent  et les pieds dansent

 Tumba tumba Tumba

Les épaules sautent et les pieds dansent et le sol tremble

 

 Tumba tumba tumba tumba tumba

Les épaules sautent et les pieds dansent et le  sol tremble

 Tumba tumba tumba tumba

 Les épaules sautent et les pieds dansent et le sol tremble

 Et les femmes crient

 Et les enfants rient

 Tumba !

Tumbaaaaaa  la tran anse habite le village

Tumba la transe

 

Tumba  les oiseaux se taisent

Tumba  l’âme de l’ancien  rejoint

 le  pays des ancêtres

 le pays  des esprits

 des ancêtres.   F.L.


Consigne : attribuer un adjectif au nom AFRIQUE, puis chacun (écriture tournante) introduit une comparaison. Avec le tout, constituer un poème en vers libres avec une chute finale.

  

  AFRIQUE, CONTINENT…CHALEUREUX

 

Chaleureux comme ton sourire sur le pas de la porte

Chaleureux comme les amis

Chaleureux comme une soirée entre amis

Chaleureux comme un pique-nique avec des amis

Chaleureux comme mon voisin

Chaleureux comme celui qui te refile sa clope

Chaleureux comme un chat

Cha…leureux comme ce cha…let perché en haut de la montagne où nous avons ré…chauffé nos corps et bu un délicieux cho…colat à la noisette

Chaleureux comme cette flambée de bois de poirier

Chaleureux comme le soleil

Chaleureux comme une maison au soleil

Chaleureux comme une chanson

Triste comme un jour sans ton sourire, sans amis, sans soirée, sans pique-nique, sans voisin, sans clope, sans chat, sans chalet ,sans chocolat, sans flambée, sans bois de poirier, sans soleil, sans pas de porte, sans maison et surtout, Afrique, sans chanson !

Pierre

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Afrique exotique

Exotique

comme un pays inconnu

Exotique

comme une mer de corail rose

Exotique

comme la mangue mûre

Exotique

comme l'encaustique sur l'ébène

Exotique

comme une ville à trois portes

Exotique

comme le papillon sans frais

Exotique

comme une pirogue sur le Loir

Exotique

comme le cheval à crinière de lion

Exotique

comme un soleil à quatre couleurs

Exotique

Exotique

Exotique

Exotique toi-même !

04/03/2017

Atelier poésie Afrique

François Lebert

 


Poussiéreuse Afrique

Poussiéreuse

            Comme une vielle maison

            Comme son vieux grenier

                        Ce rayon de soleil dans ce grenier

Poussiéreuse

            Comme ces meubles

            Comme cet antiphonaire

                        Ce livre jamais ouvert

Poussiéreuse

            Comme un bol de Dhal, l’avenue Bangalore, le camion sur la piste

Poussiéreuse

            Comme la route

                        Le passage de la horde

            Comme la savane

                        Le passage de la horde

            Comme la mort.

L .L.

 

 

 

 

 

Soleil africain

 

Fils de cette princesse dont les yeux chantent

L’astre regarde passer les gens

Comme tu regardes le monde

Par le trou de la serrure.

- Le secret du soleil, c’est d’être la chance des autres -

Il illumine ton visage de goélette démâtée

Le vent parle des langues que j’ignore

Offre des ondes marines qui portent ton message

- Le secret du vent, c’est d’être l’espoir de tous -

Un univers crépite aux assassins de l’aube

La douceur de tes mains me frôle à ce bruit

Si l’océan retient son souffle, tu gonfles ta voile

- Le secret du monde, c’est d’être ta chance et mon espérance -

L.L. 

 

 

Couvert de horripaux ,son masenko en bandoulière
le griot chante les joies et les misères de l’Éthiopie:
Il chante le bonheur des jeunes mariés,
pleure la mort de son compagnon.
Il houspille les enfants ,harangue les travailleurs . 
Il maudit le voleur ,guérit le malade .
Chacun l'écoute, partagé entre la crainte et l'incrédulité .



Martine RAMBAUD

De la musique avant toute chose

 

Jugement rapide et ferme

Sans pitié pour les voleurs de poules

Ou les assassins de l’aube.

Le village se rassemble

Les villageois se ressemblent.

Ivres de sang

Ils trompettent les défaites

Crient, chantent, vocifèrent.

 

au troisième coup de tumba, la main du vilain sera tranchée

La foule en univers qui crépite scrute cinq doigts

Qui tambourinent leur impatience…

 

La main du juste frappera un premier coup

Pour que l’océan de babilles retienne son souffle

Un deuxième plus habile et assuré

Pour réveiller la peau de chèvre tendue

Le dernier sur la tumba, fort et sec

Comme un réveil sanglant

 

Ici comme ailleurs, la foule est embarquée dans le néant…

L.L.

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Autour du griot

 

La corde vibre la voix se tait

point de gloire impériale

la corde murmure la voix reprend

 

Vertige des mouches ronflantes

silence des regards

les têtes crépues balancent doucement

 

Point de voyage glorieux

émue, la mère inquiète salue

l’enfant en partance

l’autre pays si loin des pas

si proche en rêve

enfant si fort si beau si grand

pour la mère déjà éplorée

la corde vibre la voix s’écoule

 

Vertige des mouches ronflantes

silence des regards

les têtes crépues balancent doucement

 

Tout le village assis

tout le village anéanti

la récolte pourtant a été opulente

on a mangé à sa faim en juillet

mais les massacreurs sont passés

tout le village perdu

envahi de tristesse

arrêté fracassé abandonné

 

La voix du griot monte

nasillarde

comme la corde du massenko

elle chante pour le départ

de celui qui feint la fierté

 

Vertige des mouches ronflantes

silence des regards

les têtes crépues balancent doucement

 

La corde vibre

la voix se tait

règnent les mouches.   J.B.

 

 

Cornet togolais

 

les doigts enveloppent encerclent

les lèvres se posent délicatement à l’embouchure

le regard éperdu se voile

alors le souffle bruissant s’écoule

dans le passage étroit

enfle enfle enfle

débouche de la bouche violacée

bou ! bou ! bou !

étonné

tonitruant

le son s’empare de l’espace

caracole sur les pierres blanches et chaudes

bou ! bou ! bou !

défrise les têtes penchées

caresse les peaux luisantes

s’entortille en spirales

sur les tissus qui faseyent dans le tourbillon sonore

bou ! bou ! bou !

invite au rassemblement

bou ! bou ! bou !

interpelle le troupeau égaré

bou ! bou ! bou ! bou ! bou !

Claudette Peypouquet

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Le secret

 

Le secret de l'eau assoiffe le soleil

en regardant passer les années.

Aller ailleurs pour entendre

le murmure des bonheurs triompher de soi-même.

Grandir dans l'ombre d'un homme de couleur

qui souffle dans sa trompette.

Embarquer une goélette par le trou de la serrure

avec des yeux qui chantent.

 

Il n'y a pas de secret :

des ondes marines ballottées par le sable fin

déposent sur une plage les reflets nacrés

du mystère de la beauté...

 

Il n'y a pas de secret,

ce qui s'offre aux yeux de tous

pour guérir du poison de la blessure

vient toujours d'un ailleurs...

 

L'Afrique est le secret de celui

qui aime devenir la chance de l'autre...

 

François Lebert

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Consigne : dire le hors champ d’une photo d’un musicien africain. (sous forme poétique)

Joueur de cornet droit du Tchad

Il s’apprête à jouer ce Tchadien,

Il va souffler ce musicien :

Que cessent brouhaha et palabres,

Que l’on se taise, que l’on s’écarte

Et qu’on l’écoute respectueusement !

Voyez, ses joues sont toutes gonflées,

Prêtes aussitôt à se désenfler

Pour que le son mélodieusement,

Chassé avec force dans le cornet,

Vous charme et laisse ensorcelé

Tout le public vêtu de blanc !

Tenez, il attend en nous fixant

D’un regard ardent de braise,

 Pour jouer tout à son aise !

 Dans sa tête la musique innée,

Fabuleux héritage de ses aînés.

C’est lui qui ouvre la danse :

Et les femmes d’entrer en transes,

Tambours de l’accompagner

Et chants de résonner

Lorsque le cornet l’air déchirera

Alors la fête commencera.

Jacques

 

"Faouh  faouh. Faouh


Les sons étranges qui sortent de mon cornet vous appellent
Venez me rejoindre
Avec vos chèvres et vos moutons
Bêéé  bééé  bééé
L'heure du sacrifice est proche
Soyez attentifs
Bientôt ce sera vôtre tour
De sacrifier un agneau
Pour plaire à Dieu
À l'ombre de l'arbre
Les enfants hument
La chaleur du sang
Que nous offre cet animal.
Frou  frou  frou
Font les boubous fleuris
Des femmes portant leurs bébés
Demain nous irons puiser l'eau
Pour préparer le repas riche d'arômes et de senteurs. "

Françoise Barbault

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  Charmant vieillard
  

 Toi, charmant vieillard

 Homme de couleur

 Tu voyages dans le monde

 Traverses montagnes et plaines.

 Le secret du soleil

 Le souffle de l'eau

 Le murmure de la pluie

 Dévoilent ton message.


Tes choix parfois étonnent

Et nous interpellent

Au travers de tes yeux

Le poème de la vie.

 

Toi, charmant vieillard

Tu es la chance des autres

Grâce à ta douceur

Tu leur apportes le bonheur.


 Christiane



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